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Nos programmes et projets

Dix programmes au service des plus vulnérables

Depuis 1989, la Fondation Calixte Munana conduit dix programmes en République Démocratique du Congo, principalement dans le Haut-Katanga et à Kinshasa. Ils se répondent les uns aux autres : une femme formée à une activité génératrice de revenus scolarise ses enfants, un enfant scolarisé échappe à la rue, une communauté informée se protège mieux. C’est cette chaîne que nous cherchons à renforcer, maillon après maillon.

Des femmes de la Fondation Calixte Munana au travail dans un champ communautaire

Programme 01

Autonomisation des femmes vulnérables

Les veuves, les mères célibataires et les femmes vivant avec un handicap portent seules la charge de leur foyer, le plus souvent sans revenu régulier ni accès au crédit. Une veuve perd rarement seulement son époux : elle perd aussi, très souvent, l’accès aux biens du ménage, le logement, et le peu d’argent qui entrait. Le programme part de ce constat et refuse la logique de l’aide ponctuelle : lui donner les moyens de vivre de son propre travail vaut mieux qu’une distribution qui s’arrête.

La Fondation accompagne la mise en place d’activités génératrices de revenus choisies avec la participante, jamais décidées pour elle : maraîchage, culture du maïs et du manioc, culture des champignons, petit commerce, transformation alimentaire. Une activité rentable peut pourtant échouer faute de gestion — les formations portent donc sur la tenue d’un carnet de recettes, la séparation du capital et du bénéfice, et l’anticipation des saisons creuses.

Les participantes se regroupent ensuite en coopératives. L’achat groupé des semences fait baisser les coûts, la vente collective améliore les prix, et l’entraide amortit les coups durs. Pour celles qui n’ont pas été scolarisées, des séances d’alphabétisation fonctionnelle sont menées en parallèle, centrées sur la lecture des chiffres et des documents dont elles ont besoin au quotidien : un contrat, une facture, un carnet de banque.

Enfants orphelins et vulnérables réunis lors d’une activité de la Fondation Calixte Munana

Programme 02

Éducation et protection des orphelins et enfants vulnérables

En République Démocratique du Congo, perdre ses parents signifie très souvent quitter l’école. L’enchaînement est connu : l’enfant sort du système scolaire, se retrouve à la rue ou placé dans une famille qui ne peut l’assumer, et son avenir se referme en quelques mois. Le programme s’attaque aux trois obstacles qui écartent concrètement un enfant de la salle de classe : le coût, la faim et l’isolement.

Les bourses couvrent les frais scolaires, les fournitures et l’uniforme, sans lesquels l’inscription est refusée dans la plupart des établissements. Les cantines assurent un repas les jours de classe : un enfant qui n’a pas mangé ne suit pas, quelle que soit sa volonté. Un accompagnement psychosocial suit les enfants marqués par un deuil, une maladie dans la famille ou la violence, avec des entretiens individuels et des groupes de parole entre enfants du même âge.

La Fondation privilégie systématiquement le maintien de l’enfant dans une famille — la sienne quand c’est possible, une famille élargie sinon — et accompagne cette famille plutôt que de se substituer à elle. Le placement en institution reste l’exception, jamais l’objectif. Ce choix engage un suivi dans la durée : visites régulières, médiation en cas de conflit, appui à la scolarité année après année jusqu’à la fin du cycle.

Personnes vivant avec un handicap accompagnées par la Fondation Calixte Munana

Programme 03

Centre d’inclusion et d’autonomie pour personnes vivant avec un handicap

Ce n’est pas le handicap qui exclut, mais l’absence d’équipement, de formation et d’accès. Une personne en fauteuil qui dispose d’un fauteuil en état, d’un métier et d’un employeur qui accepte sa candidature n’est pas exclue. Le centre traite donc ces trois manques ensemble, au lieu d’aborder le handicap comme une question de charité ou d’assistance permanente.

L’atelier d’appareillage fournit et entretient fauteuils roulants, tricycles adaptés, béquilles et prothèses — sans mobilité, aucune formation ne sert à rien. Les formations techniques ouvrent ensuite des métiers réellement exerçables sur le marché local : couture, informatique et bureautique, réparation de téléphones et de petit matériel, artisanat. L’objectif affiché est l’emploi ou l’activité indépendante, pas l’occupation.

Un accompagnement psychosocial soutient les personnes et leurs proches, car l’entourage porte une part du poids et manque souvent d’interlocuteur. Le plaidoyer complète le dispositif : les marches organisées chaque 3 décembre à Kipushi et à Lubumbashi, la participation à la Journée mondiale de la trisomie 21, la collaboration avec la MONUSCO et les rencontres avec les ministères font partie du travail. Rendre visible ce que l’on préfère souvent ne pas voir est une condition du changement.

Jeunes mobilisés lors d’une activité de la Fondation Calixte Munana

Programme 04

Jeunesse, leadership et citoyenneté active

La jeunesse congolaise représente la majorité de la population et supporte la plus grande part du chômage. La Fondation la considère comme une force d’aujourd’hui, pas comme une promesse pour plus tard : les jeunes accompagnés animent eux-mêmes les activités, les encadrants se tiennent en retrait.

Des clubs de leadership réunissent régulièrement des jeunes autour de la prise de parole en public, de la conduite de projet et du travail collectif. Chaque participant est ensuite suivi dans la durée par un aîné — enseignant, entrepreneur, responsable associatif — dont la disponibilité compte autant que les conseils. Cette relation de mentorat s’étend souvent bien au-delà de la durée officielle du programme.

L’éducation civique occupe une place centrale : comprendre ses droits, le fonctionnement des institutions, le sens et la portée d’un vote. Les jeunes qui souhaitent entreprendre sont orientés vers le programme d’entrepreneuriat social de la Fondation, avec un accompagnement à la conception du projet, un microcrédit lorsque c’est pertinent, et un suivi pendant les premiers mois d’activité.

Campagne de sensibilisation au VIH menée en milieu rural par la Fondation Calixte Munana

Programme 05

Santé communautaire et prévention du VIH/SIDA

La Fondation intervient sur le VIH depuis ses premières années d’existence. Le principe n’a pas changé : aller vers les gens plutôt que d’attendre qu’ils viennent. La distance, le coût du transport et la peur du regard des autres suffisent à décourager une démarche de soin, et les structures fixes ne touchent qu’une partie de la population.

Des équipes de dépistage se déplacent dans les quartiers périphériques et les villages, avec un conseil avant et après le test. Le dépistage est volontaire, gratuit et confidentiel. Les relais communautaires — reconnaissables à leur tee-shirt vert — mènent le travail de sensibilisation en porte-à-porte, en langue locale, dans les marchés, les églises et les écoles. Ils viennent des communautés qu’ils informent, ce qui change la réception du message.

Les personnes dépistées positives sont orientées vers une structure de soins et accompagnées pendant les premières démarches, celles où l’on abandonne le plus souvent : la première consultation, la mise sous traitement, l’annonce à un proche. Un appui psychosocial est proposé dans la durée aux personnes vivant avec le VIH et à leurs familles, individuellement et en groupes de parole.

Séance de sensibilisation à la santé reproductive menée en village par la Fondation Calixte Munana

Programme 06

Hygiène menstruelle et santé reproductive

Faute de protections et d’un endroit correct pour se laver, beaucoup d’adolescentes manquent l’école plusieurs jours chaque mois. Le retard s’accumule, les résultats baissent, et l’abandon suit. Ce programme traite une cause d’échec scolaire dont on parle peu et qui ne concerne que les filles.

La Fondation distribue des kits d’hygiène et forme à la confection de protections lavables, nettement moins coûteuses sur la durée et fabricables localement. Des séances d’éducation à la santé reproductive, adaptées à l’âge, abordent le cycle, la contraception, les infections sexuellement transmissibles et la grossesse précoce, avec des mots simples et sans jugement.

Des clubs scolaires prennent le relais entre deux passages, animés par les élèves elles-mêmes, ce qui installe la parole dans la durée. Les mères et les enseignants sont associés au programme : le silence et les interdits qui entourent les règles se transmettent d’abord à la maison et dans la classe. Travailler uniquement avec les jeunes filles reviendrait à leur demander de porter seules un changement collectif.

Distribution de repas à des enfants par la Fondation Calixte Munana

Programme 07

Nutrition et sécurité alimentaire pour enfants vulnérables

La malnutrition laisse des traces qui ne se rattrapent pas : retard de croissance, difficultés durables d’apprentissage, fragilité aux infections. Les premières années de la vie sont décisives, et une carence prolongée pèse sur toute la scolarité qui suit. Le programme agit donc sur l’urgence et sur la durée en même temps.

Les cantines scolaires assurent un repas quotidien aux enfants suivis, ce qui améliore à la fois leur état de santé et leur assiduité — la perspective du repas ramène les enfants en classe. En parallèle, des jardins communautaires cultivés par les familles avec l’appui de la Fondation fournissent des légumes frais et créent un revenu d’appoint par la vente des surplus.

Un suivi nutritionnel régulier — pesée, mesure du périmètre brachial, évaluation de l’état général — permet de repérer tôt les enfants qui décrochent et de les orienter vers une prise en charge médicale avant que la situation ne devienne grave. Les familles sont formées à reconnaître elles-mêmes les signes d’alerte, ce qui raccourcit le délai entre l’apparition du problème et sa prise en charge.

Rassemblement de veuves accompagnées par la Fondation Calixte Munana à Kambove

Programme 08

Lutte contre les violences basées sur le genre

Les violences faites aux femmes restent largement tues. Les survivantes se retrouvent seules face à des démarches qu’elles ne connaissent pas, devant des interlocuteurs qui les découragent, et souvent sans soutien de leur entourage. Le programme intervient sur les trois temps : prévenir, protéger, accompagner.

Des cliniques juridiques offrent une information gratuite sur les droits et un appui concret dans les démarches judiciaires : constituer un dossier, déposer une plainte, se faire assister à l’audience. Une prise en charge psychosociale accompagne les survivantes dans la durée et à leur rythme, sans exiger qu’elles racontent plus qu’elles ne le souhaitent.

La sensibilisation communautaire s’adresse à tout le monde — hommes compris, chefs coutumiers et responsables religieux inclus — parce qu’une norme sociale ne change pas si l’on ne parle qu’aux victimes. La Fondation intervient enfin auprès des veuves dépossédées de leurs biens après un décès, situation fréquente, rarement contestée, et qui bascule une famille entière dans la pauvreté en quelques semaines.

Accompagnement de familles par les équipes de la Fondation Calixte Munana

Programme 09

Appui psychosocial communautaire

Le deuil, la maladie, le déplacement et la guerre abîment des familles entières, bien au-delà de la personne directement touchée. Ce programme s’occupe de ce que les autres dispositifs ne traitent pas : tenir debout, garder un foyer uni, ne pas s’effondrer quand tout se ligue.

Des groupes de parole réunissent des personnes qui traversent la même épreuve — veuves, parents d’enfants en situation de handicap, familles touchées par le VIH, proches de victimes de violences. Entendre quelqu’un d’autre formuler ce que l’on croyait être seul à vivre change beaucoup de choses, et les liens noués dans ces groupes durent souvent plus longtemps que l’accompagnement lui-même.

La médiation familiale intervient dans les conflits d’héritage et de garde d’enfants, très fréquents après un décès et rarement portés devant un tribunal. Les situations les plus lourdes font l’objet d’un accompagnement individuel et, lorsque c’est nécessaire, d’une orientation vers un professionnel de santé mentale — ressource rare, dont la Fondation entretient le réseau.

Formation à la culture des champignons organisée par la Fondation Calixte Munana

Programme 10

Entrepreneuriat social pour jeunes et femmes

L’aide s’arrête toujours un jour ; une activité économique viable, non. Ce programme est l’aboutissement des autres : transformer un accompagnement social en autonomie durable, pour que les familles suivies n’aient plus besoin de l’être.

Un incubateur communautaire accueille les porteurs de projet depuis le premier calcul de rentabilité jusqu’aux premières ventes : étude du marché local, choix du fournisseur, fixation du prix, tenue des comptes. Des microcrédits, remboursables et réinvestis dans le fonds commun, financent le démarrage lorsque aucune banque ne suit — ce qui est la règle pour une femme sans garantie ou un jeune sans historique bancaire.

Le coaching se poursuit après le lancement, période où la plupart des activités échouent. La Fondation met enfin les entrepreneurs en relation avec des entreprises partenaires — clients, fournisseurs, débouchés — car un carnet d’adresses vaut souvent davantage qu’une subvention. Les formations à la culture des champignons menées à Kipushi illustrent la démarche : une technique simple, un cycle court, un produit qui se vend au marché local dès les premières semaines.

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Chaque contribution finance des actions concrètes sur le terrain : kits scolaires, dépistages, formations, appareillages.

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